Contexte
Un an après la déclaration de Maputo qui mettait en lumière, dès 2008, l’importance du laboratoire dans les systèmes de santé, le Réseau d’Afrique de l’Ouest des laboratoires de biologie médicale (RESAOLAB) a été le premier projet de dimension régionale à voir le jour dans le but d’apporter une réponse au manque d’aides multilatérales et d’investissements des gouvernements dans le domaine du diagnostic.
Conçu avec les acteurs de santé ouest-africains et les ministères de la Santé des pays membres, le réseau prend en compte l’ensemble des facteurs qui affectent la gouvernance et la performance des laboratoires.
RESAOLAB regroupe les entités en charge des laboratoires au sein des ministères de la Santé d’Afrique de l’Ouest, les directions des laboratoires (DL). Les DL définissent la vision et la stratégie du pays pour le développement des laboratoires, structurent et animent le réseau national des laboratoires et assurent la coordination des appuis pour le renforcement des systèmes de laboratoires.
Objectifs
RESAOLAB vise à renforcer les systèmes de laboratoires en Afrique de l’Ouest pour l’amélioration de la qualité des services de biologie médicale. Le projet favorise une approche régionale entre les pays membres pour appuyer la mise en œuvre des politiques nationales et renforcer durablement les systèmes de laboratoires.
Activités
Mené en étroite collaboration avec les ministères de la Santé de sept pays et plus spécifiquement avec les entités en charge du laboratoire, RESAOLAB développe un cadre d’échanges et de soutien à la mise en œuvre d’activités de renforcement autour de 4 axes :
- Renforcer la gouvernance des systèmes de laboratoire et la mise en œuvre des stratégies nationales
- Développer et appuyer la formation pour renforcer les capacités du personnel des laboratoires ;
- Améliorer le management de la qualité dans les laboratoires
- Appuyer la surveillance basée sur les laboratoires par des systèmes de gestion des données ;
Tous les acteurs du réseau se réunissent tous les ans lors d’ateliers de travail thématiques pour échanger sur les activités réalisées et partager les résultats obtenus en réponse aux défis du secteur du laboratoire.
Une cellule opérationnelle, ancrée dans chaque ministère, est chargée de la mise en œuvre des activités sous la supervision d’un comité de pilotage national et d’un comité de pilotage international qui se tient une fois par an.
RESAOLAB en 3 phases : de 2009 à 2023
Né en 2009, RESAOLAB est un réseau né d’une vision commune de collaboration régionale favorisant le bon fonctionnement des services de laboratoires pour améliorer la santé des populations via la prévention et le diagnostic précoce des maladies.
Ce réseau a été initié par la Fondation Mérieux en 2009 en collaboration avec le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal. En 2013, quatre pays l’ont rejoint : le Bénin, la Guinée, le Niger et le Togo.
Les activités du réseau ont été appuyées par 3 phases de projet dont la dernière a été initiée en 2019 dans le cadre d’un partenariat entre la Fondation Mérieux et l’Agence française de Développement, afin de poursuivre le renforcement des systèmes de laboratoire.
Phase 1 de RESAOLAB : 2009-2013
RESAOLAB a été initié par la Fondation Mérieux en 2009 avec le soutien de l’Agence française de Développement (AFD) à la demande des ministères de la Santé du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal.
Il a été le premier programme dédié aux laboratoires en Afrique de l’Ouest à la suite de la déclaration de Maputo par l’OMS adressant la nécessité du renforcement des laboratoires.
Phase 2 de RESAOLAB : 2013-2017
La deuxième phase de projet a marqué une nouvelle dynamique avec l’élargissement du réseau à quatre nouveaux pays d’Afrique de l’Ouest : le Bénin, la Guinée, le Niger et le Togo.
En plus de l’AFD et de la Fondation Mérieux, d’autres partenaires ont soutenu cette phase du projet : la Direction de la Coopération Internationale de Monaco, la Fondation Stavros Niarchos et la Banque Islamique de Développement.
Principales réalisations des phases 1 et 2 :
Les phases 1 et 2 de RESAOLAB ont permis :
Le renforcement de la gouvernance des systèmes de laboratoire :
- 7 pays ont développé leurs politiques et plans stratégiques pour le développement des systèmes de laboratoire
- 7 directions en charges des laboratoires mises en réseau
- 4 bâtiments de DL construits
Le développement et l’appui à la formation du personnel de laboratoire :
- Appui à la mise en place d’une formation continue régionale en maintenance des équipements de laboratoire
- Développement de modules de formation pour le renforcement des capacités du personnel de laboratoire
- 36 Bourses DES de Biologie médicale attribuées
L’amélioration de la qualité dans les laboratoires :
- 1 programme régional d’évaluation externe de la qualité en hématologie et biochimie défini et mis en œuvre
L’appui à la surveillance basée sur les laboratoires :
- 1 SIL pour appuyer la gestion des données de laboratoires et la surveillance épidémiologique développé
La tenue de 20 ateliers regroupant les experts de la biologie médicale en Afrique de l’Ouest organisés pour le partage d’expérience et de connaissance.
Phase 3 de RESAOLAB : 2019-2026
En septembre 2019, la troisième phase du projet a été initiée. Dans la continuité des phases précédentes de projet, elle vise à appuyer l’implémentation des stratégies de développement des systèmes de laboratoires et la pérennisation du réseau.
Cette phase a pour but de poursuivre le renforcement des institutions et l’appui à la mise en œuvre des politiques nationales de la biologie médicale, ainsi que des capacités techniques en matière de diagnostic biologique. Elle contribue au maintien de la dynamique régionale vers une harmonisation de la biologie médicale.
Mise en place d’un dispositif spécifique autour de la COVID-19
Pour permettre aux pays de lutter contre l’épidémie, l’AFD a octroyé au projet une subvention supplémentaire de 1,5 millions d’euros dans le cadre de l’Initiative « COVID-19 – Santé en commun ». Ce financement a permis de développer les stratégies de réponse à la COVID-19 en matière de laboratoire, en mobilisant l’expertise du réseau pour appuyer les réponses nationales.
Cet appui spécifique a contribué à l’adaptation et au renforcement des plateaux techniques, la décentralisation des capacités de diagnostic ainsi qu’au partage d’expériences et de connaissances.
Au-delà du soutien ponctuel, les membres du réseau ont souligné que le plaidoyer et l’appui de long-terme de RESAOLAB à la mise en place d’instances dédiées aux questions de laboratoires ont favorisé leur implication dans la gestion de la riposte.
Résultats attendus
Les résultats attendus de la phase 3 du projet par axe d’intervention sont :
Renforcement de la gouvernance :
- Les Directions en charge du Laboratoire sont en mesure d’effectuer le contrôle et la régulation des systèmes de laboratoire
Développement et appui à la formation :
- La masse critique de biologistes augmente,
- Les capacités du personnel de laboratoire sont actualisées
Management de la Qualité :
- Les pratiques sont harmonisées et renforcées conformément aux normes internationales
Appui à la surveillance :
- La surveillance basée sur le laboratoire est fonctionnelle dans les pays du réseau
Une dynamique régionale pour que les systèmes de laboratoires soient fonctionnels et harmonisés en Afrique de l’Ouest
Facteurs clés de succès et enjeux futurs*
- Le positionnement ciblé sur les activités de plaidoyer et de renforcement de la gouvernance des systèmes de laboratoires par la création d’entités dédiées a été identifié comme le facteur clé de succès le plus déterminant pour l’atteinte des résultats et la pérennité de l’appui apporté par le projet. En effet, ce positionnement a permis la création des directions de laboratoires, les a rendues visibles et reconnues et à même de jouer leur rôle de plaidoyer pour le secteur de la biologie médicale.
- De par la grande proximité avec les membres du réseau, il a été reconnu que l’approche « bottom-up » apporte de la flexibilité à l’appui pour une meilleure intégration des besoins dans la mise en œuvre des politiques nationales.
- Aussi, la durabilité du partenariat technique (Fondation Mérieux) et financier (AFD) a été identifiée comme un élément majeur de succès .
- Grâce à la visibilité et la reconnaissance des directions des laboratoires, d’autres approches/appuis directs aux priorités nationales ont été mobilisés en complémentarité de celle de RESAOLAB (Fonds Mondial, Global Health Security Agenda/USAID, REDISSE/Banque Mondiale).
- La dynamique réseau est un facteur clé d’échanges entre pairs, de mutualisation d’activités et d’harmonisation des pratiques à l’échelle régionale.
A l’aube de la clôture de la phase 3 de projet, les enjeux ont été identifiés à deux niveaux.
Tout d’abord, à l’échelle nationale, la cohérence inter-bailleurs et l’élaboration de plans d’actions adaptés aux capacités d’absorption des partenaires ont été identifiés comme enjeu majeur. Alors que la formation a été un grand axe d’actions, opérationnaliser les acquis post formation est à solidifier.
A l’échelle du réseau, les initiatives dans le cadre de la phase 3 pour le pérenniser hors cadre projet doivent être poursuivies et renforcées pour son autonomisation progressive. Une attention particulière a été identifié dans le maintien de la dynamique régionale au bénéfice des priorités nationales.
*D’après les résultats de l’évaluation à mi-parcours du projet commanditée par l’AFD.